Poète Marieka-p

Poète Marieka-p

Poupée de chiffon,

Poupée de chiffon, 

 

Sous la lueur d’un réverbère

Dans le quartier d’une cité

On distingue la pauvreté

Se maquillant comme l’hiver,

Une poudre blanche sur son visage

Ombre de nuit sur ses grands yeux

Pailleté de lune sur son corsage

Et des dentelles de givre bleu,

 

Elle était là très éphémère

Telle une rose un peu pommée

Les cheveux titrés en arrière

On aurait cru voir une poupée,

Plus belle qu’un oiseau feux

Elle faisait pâlir les mégères

Qui crachaient un venin rugueux

Aussi brulant que le feu de l’enfer.

 

Car cette pauvrette de chiffon

Détournait le regard des hommes

Sur un petit morceau de cotillon

Qui dévoilait sa peau d’une nonne,

Aussi blanche qu’une colombe

Par la douceur de ses printemps

Aussi vulgaire que la Joconde

Puisqu’elle posait pour de l’argent,

 

Dans des bordels aux murs sombres

Son corps qui n’avait pas vingt ans

Devant  ces êtres sortis de l’ombre

Qui déposaient sans mettre de gant,

Dans les entrailles de la rose

Le fiel impur de leur chaire

La condamnant dans la névrose

Jusqu’à la porte du cimetière.

 

 



20/12/2016
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